En Bretagne, la filière des légumes frais sous tension
En Bretagne, tous les acteurs de la filière légumière (producteurs, fabricants d’emballages, négociants, transporteurs et distributeurs) alertent sur la flambée des charges.
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L’automne a été particulièrement difficile pour les producteurs de légumes de plein champ en Bretagne. Pour le chou-fleur, les températures anormalement douces ont accéléré la maturité des récoltes, provoquant une surproduction (+40 % de volume), tandis que la consommation reculait. Le même phénomène a été observé dans les autres bassins de production européens. Résultat : les cours se sont effondrés avant de se redresser ces derniers jours avec le retour du froid.
Les charges, en revanche, poursuivent leur envolée depuis cinq ans : +25 % sur les exploitations, +30 % sur le matériel agricole, +11 à 15 % sur la main-d’œuvre, +20 % sur la logistique, +15 à 20 % sur les emballages et +50 % sur l’énergie, selon l’association d’organisations de producteurs Cerafel. « Le coût de production moyen d’un chou-fleur est d’environ 0,70 à 0,80 euro par tête, sans compter la rémunération de l’agriculteur. Il double dès la sortie du champ avec l’emballage et la palette », a expliqué Marc Keranguéven, président de la Sica de Saint-Pol-de-Léon, le 6 janvier à Saint-Méloir-des-Ondes (Ille-et-Vilaine).
« Informer sur la vraie valeur des légumes »
Les trois principales coopératives légumières bretonnes, Sica de Saint-Pol-de-Léon, Maraîchers d’Armor et Terres de Saint-Malo, avaient réuni l’ensemble des acteurs de la filière pour alerter sur la flambée des charges. En effet, celle-ci fragilise tous les maillons de la chaîne : producteurs, fabricants d’emballages, négociants, transporteurs et distributeurs.
« Il est urgent d’informer le consommateur sur la vraie valeur des légumes », a plaidé Marc Keranguéven. La difficulté : le prix d’acceptabilité du consommateur reste déconnecté de la réalité économique. Selon une enquête d’opinion réalisée pour la marque collective Prince de Bretagne en mai 2025, le prix maximum moyen que les consommateurs sont prêts à payer est de 2,41 euros par chou-fleur. « Ce niveau est insuffisant pour rémunérer équitablement tous les maillons de la filière », ont alerté les coopératives qui en appellent à la responsabilité citoyenne.
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